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MUTILATIONS GENITALES? (en FRANCAIS+in ENGLISH)

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This Doctor Does What to 6-Year-Old Girls’ Clitorises?Is it a medical scandal?

http://www.slate.com/id/2257987   ==> IN ENGLISH

Ce docteur a fait quoi aux clitoris de petites filles de 6 ans?

Une recherche qui allie «clitoris», «vibromasseur» et «petites filles» a tout pour scandaliser. C’est évidemment plus compliqué que ça.

http://www.slate.fr/story/23931/clitoris-operation-medicale

Mercredi 30 Juin 2010

L’histoire contient tous les ingrédients d’un film d’horreur gynécologique: «Le chirurgien de Cornell utilisait un vibromasseur pour stimuler des petites filles de 6 ans», s’étranglait le titre de Jezebel. Dan Savage s’est dit lui-même si énervé qu’il «ne savait pas par où commencer». (Sur notre blog du XX Factor, ma collègue Rachael Larimore en parle comme d’une chose «épouvantable».)

Le méchant de cet horrible conte médical est le bien nommé Dr. Dix Poppas, un urologue pédiatrique de l’Université de Cornell, spécialisé dans la reconstruction génitale. La réprobation est si unanime qu’une nouvelle page Facebook intitulée «Arrêtez  les mutilations génitales à l’Université de Cornell» accumule des milliers de membres supplémentaires chaque jour, et Poppas a reçu ses premières menaces de mort.

Est-ce vrai? Existe-t-il un médecin sans scrupules qui tranche chirurgicalement les clitoris de petites filles pour ensuite les tester avec des vibromasseurs? Pas exactement. Le scandale concerne un article médical que Poppas et deux de ses collègues ont publié voici trois ans dans le Journal of Urology qui décrivait une méthode utilisée par Poppas pour tester la sensibilité clitoridienne après une opération chirurgicale. (Un article discutant de ces recherches se trouve ici.)

Deux spécialistes en bioéthique, Alice Dreger et Ellen Feder, ont fait ressortir ce papier mi-juin et ont publié un article sur le Bioethics Forum comparant le travail de Poppas à une immonde Étude de Tuskegee sur la syphilis, et disant que la majorité de leurs collègues la trouvait «scandaleuse». Dreger et Feder ont aussi soulevé de nombreuses et valides questions éthiques sur les recherches de Poppas, mais quand les mots  «clitoris», «6 ans», et «vibromasseur» se retrouvent dans le même article, la blogosphère les traduit en ces termes: «Un chirurgien pervers manie le couteau et cherche le grand frisson».

Prises à tort pour des garçons

Les patientes concernées sont des petites filles souffrant d’une maladie appelée hyperplasie congénitale des surrénales (HCS), qui affecte environ une petite fille sur 5.000. Génétiquement, ce sont des filles, mais un déséquilibre hormonal fait que leur clitoris est plus gros, parfois à peine plus que la normale, mais parfois tant qu’à la naissance elles sont à tort prises pour des garçons —en particulier si leurs lèvres sont scellées et ressemblent à un scrotum.

Pendant des années, le traitement standard, que les masses scandalisées appellent aujourd’hui des «mutilations génitales», et ce qui se nomme clitorosplastie pour les médecins, ou réduction cosmétique de la taille du clitoris, s’est effectué en général sur les bébés avant qu’ils aient atteint l’âge d’un an. Il y a quarante ans, les médecins auraient opté pour une clitoridectomie, ou l’ablation complète de l’organe. Aujourd’hui, Poppas et ses collègues préfèrent une chirurgie «épargnant les nerfs» et visant à préserver la sensibilité.

Quel est le rôle du vibromasseur dans tout ça? Ces dernières années, de nombreux détracteurs —parmi eux Dreger, Feder, et Dan Savage— ont remis en question la nécessité de cette chirurgie, qu’elle épargne les nerfs ou pas. La préservation nerveuse ne fonctionne pas toujours. Comme le fait remarquer Dreger, la chirurgie de Poppas préserve le gland (l’extrémité) du clitoris, mais sectionne la tige, même si de nombreuses femmes se masturbent en la stimulant. Mais leur objection majeure veut que la chirurgie soit purement cosmétique, et donc superflue. «S’il se souciait vraiment de maximiser la “fonction” de ces filles, écrit Dreger sur son blog, il n’effectuerait pas de chirurgie sur des clitoris en parfaite santé.»

Poppas a mis au point un test rudimentaire pour répondre à ses détracteurs et mesurer l’efficacité de sa chirurgie de préservation nerveuse. Poppas se servait d’une machine appelée biothésiomètre, utilisée pour tester les vibrations chez des sujets humains. La journaliste médicale Lindsay Beyerstein explique sa méthode: «En présence d’un parent et d’une infirmière, le médecin mesurait le seuil de sensibilité de la patiente en augmentant le stimulus jusqu’à ce qu’elle le ressente et mesurait son intensité. Poppas ne stimulait pas les patientes jusqu’à l’orgasme, ou n’essayait pas de provoquer un plaisir sexuel ou une excitation.» Il se servait aussi d’un coton-tige pour tester la sensibilité de l’intérieur des cuisses et du vagin.

Le souci: la vie sexuelle à l’âge adulte

Ce dispositif était loin d’être idéal. Poppas n’était pas passé par les étapes standard d’approbation pour l’expérience, même s’il effectuait ces tests sur des filles à peine âgées de 6 ans. Il mesurait le flux capillaire du clitoris et les réponses aux vibrations. Mais comme Eric Vilain, professeur de génétique humaine à l’UCLA le fait remarquer, «existe-t-il des preuves montrant que ces mesures effectuées sur des enfants sont corrélées d’une quelconque façon à des fonctions sexuelles plus tard dans la vie?» L’objectif n’est pas une sensibilité à 6 ans, mais la qualité de la vie sexuelle à l’âge adulte. Dans les mesures de Poppas, par exemple, la sensibilité de l’intérieur des cuisses est bien plus supérieure sur certains tests à celle du clitoris, peut-être parce que des petites filles de 6 ans répondent plus aux chatouilles.

Les patientes que Poppas a testées pourraient ne jamais bénéficier de ces mesures. Si Poppas ne trouvait aucune sensibilité, il n’avait aucun moyen de revenir sur son opération. Dans le petit monde des enfants nés avec des anormalités génitales, l’histoire des tests post-opératoires horribles, à la fois psychologiquement et physiologiquement, est longue. (Voyez les affreuses histoires rassemblées par John Colapinto dans As Nature Made Him [Comme la nature l’a fait].)

Poppas, à qui l’on a laissé un message vocal mais qui ne nous a pas rappelé, savait sans doute qu’il allait difficilement obtenir l’approbation pour son expérience. Mais cela n’en fait pas un violeur d’enfants. Il tentait de répondre à une question scientifique légitime sur un groupe de patients.

Aux yeux de ses détracteurs, cependant, ces détails n’ont pas d’importance. Pour Savage, il s’agit d’un complot «purement et simplement homophobe». Il affirme que l’establishment médical soutient ces opérations parce que les filles avec de plus gros clitoris ont plus de chances d’être lesbiennes. Cette affirmation est pernicieuse; les filles avec une HCS ont légèrement plus de chances d’être lesbiennes ou des garçons manqués quand elles sont jeunes. La grande majorité est hétérosexuelle et à l’aise dans son identité féminine.

Les normes de genre ont radicalement changé depuis les 40 ans que cette opération se pratique, et pourtant plus de 95% des parents la choisissent toujours pour leur enfant. Pourquoi? Parce que, même si c’est ce dont rêve Savage, le monde n’est pas encore un endroit où les petites filles peuvent avoir un clitoris qui ressemble à un pénis et se sentir complètement bien dans leur peau. Et peu de parents voudraient que leur fille éprouve cette assertion.

Hanna Rosin

Traduit par Peggy Sastre

Written by rudy2

July 1, 2010 at 02:04

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